#3 Faire naître ses personnages

Qui sont-ils/elles ?

La première page
3 min ⋅ 23/05/2025

✍️ Édito – Qui sont les personnages du livre ?

Créer des personnages… j’ai trouvé l’exercice à la fois difficile et exaltant.

Trouver le prénom, imaginer leur passé, construire leur histoire, leur personnalité, leur prêter des sentiments, des émotions… j’avais l’impression d’avoir entre les mains une baguette magique. En quelques minutes P. et N. (pour l’instant vous n’aurez que les initiales pour conserver encore un peu de mystère…) ont pris vie sur mon ordinateur. Ces deux femmes existent désormais… et je suis très impatiente que vous puissiez les rencontrer.

Pour chacun de mes personnages, j’ai écrit une fiche, enfin, ce qui aurait dû ressembler à une fiche propre et claire, est en réalité une liste en désordre de caractéristiques physiques et mentales et d’inspirations. Je pense que personne d’autre que moi n’est capable de comprendre mes “fiches” personnages. Bref, une fois ce travail réalisé, que j’ai évidemment complété au fur et à mesure de l’écriture de ce livre, j’ai vu naître des personnages. Et au bout de quelques semaines, je ne pensais plus qu’à ces êtres imaginaires.

Alors à chacune de mes interactions dans la vie réelle j’ai pris des notes mentales afin de pouvoir glisser dans leur bouche des bouts de phrases, des expressions, je me suis amusée ensuite de les voir emprunter telle habitude ou telle autre, telle réaction ou telle autre. L’objectif ? Coller à la réalité. J’avais très peur de sonner faux, de tomber à côté, de créer des personnages plats, sans relief, sans aspérité, sans fêlure, sans sentiment. Des personnages ennuyeux. J’espère sincèrement que ce n’est pas le cas, vous me direz si le pari est réussi d’ici quelques semaines 😬

Pour répondre aux questions les plus couramment posées : est-ce que j’ai mis de moi dans ce livre ? Oui un petit peu. Est-ce qu’il y a un peu de mes proches ? Oui aussi. S’agit-il d’une fiction ? Oui complètement.

Bien sûr, je me suis inspirée de ce que je connais, des gens qui gravitent autour de moi, ce que j’observe du monde. Mais, et pour garder la distance qui me semblait nécessaire afin d’écrire cette histoire, tout est romancé, beaucoup de choses sont inventées, modifiées par rapport à la réalité. J’ai écrit ce texte à la troisième personne du singulier, justement car aucun personnage n’est totalement moi.

Pour vous donner quand même quelques informations sur les personnages du livre : il y a donc P. et N., l’une vit en France, l’autre au Ghana, avec au milieu l’industrie textile, des rêves, des combats, et d’autres personnages qui vont chambouler leur vie. Pour mieux les découvrir, je vous laisserai acheter le livre 😉


📖 Coulisses – Donner de la profondeur à ses personnages

Pour donner de la profondeur à ses personnages, il faut vraiment les penser dans leur globalité. Charlotte Milandri — responsable du service éditorial à l’école Les Mots — m’avait donné une image lors de notre rendez-vous, que je trouve très pertinente : “il faut penser son texte aussi dans sa verticalité, notamment pour les personnages”. D’accord, les personnages vivent des péripéties, avancent dans l’histoire, se modifient (comme dans la vie) et se transforment (de façon horizontale). Mais il ne faut pas oublier de penser leurs sentiments, leurs histoires, d’où ils viennent, pourquoi ils ressentent ce qu’ils ressentent, pourquoi ils interagissent de cette façon et pas d’une autre (et donc les penser de façon verticale). Un peu comme s’ils existaient dans la vraie vie. Pour l’un de mes personnages secondaires, les conseils de Charlotte m’ont permis d’aller chercher plus loin en profondeur, de lui donner un passé, une histoire, qui expliquerait sa façon d’être dans le livre.

Je dois dire que je n’avais pas réalisé tout le travail qu’impliquait la création des personnages, avant de me frotter à l’exercice.


💛 Dernière lecture

📚 Les bouchères — Sophie Demange

Dans ce roman résolument féministe et jubilatoire, trois femmes ouvrent une boucherie à la devanture rose dans un quartier bourgeois de Rouen. Lorsque plusieurs notables du quartier disparaissent sans laisser de traces, les habitants s’affolent et la police enquête. En quelques semaines, les bouchères deviennent la cible des ragots… J’ai beaucoup aimé ce roman très original, qui parle des violences faites aux femmes avec un ton parfois léger, parfois drôle, mais toujours très vrai. C’est une sorte de comédie policière où la vengeance est un plat qui se découpe froid.

En voici un extrait : “Le geste était parti, instinctif, le tranchant du couteau de boucher s’enfonçant dans la chair. Le sang qui jaillit. Des cris, puis le silence, seulement le silence”.


💬 Le mot de la fin

Merci de m’avoir lue jusqu’ici. Si vous avez des questions ou des recommandations n’hésitez pas à m’écrire en répondant à cette newsletter, je vous lirai et vous répondrai avec plaisir.

À bientôt,


Chloé

La première page

Par Chloé Cohen

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