Deux femmes, un combat et l'histoire d'une amitié
Dans les précédentes newsletters, j’ai régulièrement évoqué l’histoire du roman ou les personnages principaux, sans m’attarder sur les détails, par peur de trop en dévoiler. Pourtant aujourd’hui, j’ai envie de prendre le temps de vous en dire davantage. Car “Tissus d’espoir” c’est aussi, et peut-être surtout, l’histoire d’une amitié. Celle de Pia et Nabia, deux femmes qui n’auraient jamais pu se rencontrer.
Quand j’ai commencé l’écriture de ce roman, je savais que je voulais raconter le gaspillage textile, le Ghana, la prise de conscience, je voulais aussi parler des femmes, de leurs droits, de maternité, des thèmes que j’affectionne particulièrement. Mais il y a un thème que je n’avais sans doute pas anticipé avant de me lancer, c’est celui de l’amitié féminine.
Dans la pop culture nous sommes plutôt habitués à la rivalité féminine : disputes, jalousie… ces stéréotypes perdurent dans le cinéma et la littérature, guidés par une société patriarcale. Deux femmes sont plus souvent soeurs, mère-fille, ou ennemies, et elles se battent d’ailleurs souvent pour gagner l’amour d’un homme et ainsi flatter son ego. On dit souvent des femmes — et des petites filles — qu’elles sont pestes entre elles, qu’elles se disputent beaucoup, qu’elles sont expertes des coups bas et jalouses. Sauf qu’à force d’entendre ce genre de discours, et de voir ces représentations dans le cinéma ou la littérature, nous en sommes presque convaincues. Comme si pour réussir, nous n’avions pas d’autres choix que d’être supérieures aux femmes de note entourage. Quand les hommes eux évoluent au sein de Boys’ clubs et d’amitiés masculines glorifiées. Heureusement, les mentalités évoluent, et la notion de sororité commence à s’imposer.
C’est dans ce contexte que j’ai souhaité inscrire la relation entre Pia et Nabia : une amitié sincère basée sur l’entraide.
Laissez-moi vous partager deux passages du livre pour illustrer cette amitié :
Dire au revoir à une amie n’est jamais facile, c’est laisser partir une partie de soi, une partie de ce qu’on a vécu. Et les personnes, comme Nabia, qui ont déjà trop côtoyé la mort ne savent plus comment faire leurs adieux simplement. Pourtant Nabia se retient de pleurer, elle n’a pas envie de plonger ce moment dans le tragique. Elle aimerait y échapper, ne plus jamais avoir besoin de se séparer des gens qu’elle aime. Mais elle sait bien que la vie ne fonctionne pas comme ça. (…) Pia s’avance pour l’envelopper de ses longs bras fins. Nabia se laisse bercer par cette accolade et murmure un « merci ». Il faudrait des milliers de « mercis » pour signifier à Pia toute la gratitude que Nabia éprouve envers elle.
Nabia pousse le volume de la musique au maximum, la radio résonne en rythme avec leurs pas de danse encore timides, mais qui bientôt occuperont tout l’espace. Nabia se met à chanter. Le ton est faux mais cela n’a aucune importance. Pia la rejoint au milieu de la chambre transformée en piste de danse improvisée. La musique s’intensifie, leur chorégraphie aussi. Au bout de quelques minutes, Nabia, Pia et Janet sautent, hurlent des paroles de chansons à en perdre le souffle, et se déhanchent sans prêter attention au monde qui les entoure. Il y a elles. Puis il y a les autres.
J’espère que ces deux passages vous donneront envie de découvrir le livre. Vous pouvez dès à présent vous inscrire à l’alerte sur le site de France Loisirs pour être prévenu quand le livre sera disponible !
Et sinon vous pouvez aussi me suivre sur Instagram @chloe_cohen_weltzer pour ne pas manquer l’annonce de la sortie du roman.
Je profite de cette édition pour vous présenter l’excellente newsletter “A voix haute” sur la littérature jeunesse. Dans sa missive du jour, Laura Pironnet s’attaque elle-aussi à l’amitié féminine, cette fois dans les livres pour enfants.
Dans chacune de ses newsletters, Laura décortique un thème, comme les classiques de notre enfance, les recommandations sur l’âge de lecture ou encore sur l’influence (ou non) d’une couverture. Et chaque fois, vous retrouvez une sélection pointue de livres pour enfants et adolescents, très bien pensée et documentée. Je garde toujours précieusement cette petite liste pour ma fille, dans laquelle je pioche pour diversifier ses lectures (et les miennes par la même occasion). Cela m’évite de relire pour la 100001ème fois la même histoire…
📚 Sauvage - Julia Kerninon

Ottavia, l’héroïne de ce roman, est cuisinière, passionnée par son métier. Elle est aussi mère de trois enfants et mariée. Ce livre parle des choix auxquels sont confrontés les femmes aujourd’hui, entre la vie de famille et la vie professionnelle, le difficile équilibre entre l’ambition et la maternité.
Ottavia est pleine de doutes mais elle est habitée par une force intérieure, qui la pousse à revendiquer sa liberté et à réaliser ses rêves, au détriment parfois des personnes qui l’entourent.
Ce livre dresse le portrait d’une femme moderne, puissante, sauvage, qui navigue à travers les défis qu’imposent la société, qui doit faire des compromis et qui n’abandonne jamais son désir d’accomplissement professionnel.
Merci de m’avoir lue jusqu’ici. Si vous avez des questions ou des recommandations n’hésitez pas à m’écrire en répondant à cette newsletter, je vous lirai et vous répondrai avec plaisir.
À bientôt,
Chloé