#8 Les coulisses de fabrication

Comment choisit-on le titre et la couverture d'un livre ?

La première page
4 min ⋅ 27/06/2025

✍️ Édito – Les coulisses de fabrication

“Chère Chloé, Notre équipe éditoriale a retenu à l'unanimité votre manuscrit. Pour ma part, j'ai été très touchée par ce roman chargé d'émotion mais aussi plein d'espoir. Le récit est rythmé et les personnages attachants. Seriez-vous disponible pour un rendez-vous teams dans les prochains jours afin que nous échangions à propos d'une éventuelle publication ? Dans cette attente, Bien cordialement”.

La semaine dernière, je vous partageais ce mail reçu via la plateforme Edith & Nous. Ce message est un vrai tournant pour mon manuscrit… il marque le début d’une nouvelle aventure. Car la publication d’un livre est semée d’étapes que je ne soupçonnais pas !

D’abord, au cours de cet échange, j’ai pu en apprendre davantage sur la maison d’édition. Il s’agit de France Loisirs (d’ailleurs tout le monde peut désormais acheter sur leur site et en boutique sans être membre du club) et de leur label Belles Feuilles, destiné à faire découvrir des nouveautés en avant-première. L’éditrice m’a présenté le fonctionnement particulier de cette maison d’édition : le livre sera d’abord publié chez France Loisirs avant d’être commercialisé en librairie, seulement si un nombre minimum de vente est atteint. Je compte donc sur vous pour vous empresser d’acheter le livre à sa sortie, pour qu’il puisse ensuite continuer sa vie dans les rayons de vos librairies préférées 🙃

Revenons à nos moutons… après ce premier échange, voici toutes les étapes qui ont occupé mon quotidien ces dernières semaines/derniers mois.

1/ Le contrat d’édition. Une fois reçu, j’ai pris le temps de le lire soigneusement, je n’ai pas tout compris alors je l’ai envoyé à des avocat·es pour être certaine de ne pas passer à côté d’une clause essentielle (on m’avait notamment conseillé de faire attention à une clause qui dirait que tous mes prochains livres devront être publiés chez France Loisirs, et ouf ce n’était pas le cas). J’en ai ensuite parlé avec l’éditrice pour soulever les zones d’incompréhension et lui poser toutes mes questions.

2/ La relecture/réécriture. L’éditrice m’a demandé d’ajouter deux précisions à mon texte : la première sur la temporalité et la deuxième sur une caractéristique/émotion de Pia, l’une des héroïnes du roman. Vous le verrez, d’autres personnages interviennent dans le livre, et parmi les interactions entre Pia et Victor (un autre personnage), quelque chose manquait, là encore, de clarté. C’est très intéressant de voir à quel point, parfois, ce qui est évident pour nous ne l’est pas du tout pour le lecteur·trice.

3/ Le titre. Initialement, le manuscrit ne s’appelait pas “Tissus d’espoir” mais “Les porteuses”. Le titre provisoire était cohérent mais ne prenait tout son sens qu’une fois le livre lu (vous comprendrez pourquoi vers la fin du roman), ce qui, vous en conviendrez, n’est pas l’objectif du titre. Il doit immédiatement donner envie de se plonger dans l’histoire. Et je trouve celui-ci, trouvé par l’éditrice, plutôt réussi. Vous en pensez quoi ?

4/ La couverture et le résumé. La maison d’édition a travaillé avec un graphiste pour créer la couverture du livre. Dans la première version, les couleurs et la police du titre étaient un peu différentes et ne me convenaient pas totalement. Alors après quelques échanges, nous sommes finalement tombés d’accord sur l’illustration que je vous partageais la semaine dernière (et que vous retrouvez ci-dessous). Sur cette étape, j’ai décidé de faire confiance à la maison d’édition car je n’avais aucune idée de ce que je voulais. C’est donc elle qui a eu le dernier mot et validé la couverture. Et avec la couverture vient la rédaction du résumé, dont l’objectif est de venir titiller la curiosité des lecteur·trices. 100% honnêteté : je n’ai pas écrit un seul mot de cette quatrième de couverture, ce sont l’éditrice et les assistantes d’édition qui ont travaillé dessus avant de me l’envoyer pour validation.

Photographe de mode à Paris, Pia s’ennuie. Elle accepte une mission de six mois au Ghana pour une association qui souhaite alerter l’Occident sur les dérives de l’industrie textile. Sur place, elle rencontre Nabia, kayayoo au marché d’Accra. Comme de nombreuses femmes, celle-ci gagne une misère en transportant sur sa tête de grosses balles de vêtements. Elle est aussi la mère de Janet, sa fille née d’un viol. Pour défendre les droits des porteuses, Nabia rêve de monter un syndicat. À ses côtés, Pia découvre la réalité du monde de la fast-fashion : des montagnes de vêtements qui s’accumulent et polluent le Ghana, des femmes exploitées sans aucune protection. Sa décision est prise : le combat de Nabia va devenir le sien.

5/ La correction. C’est un travail essentiel, réalisé par des correcteurs professionnels, et qui permet de traquer les erreurs de grammaire, de syntaxe, d’orthographe, de typographie et les répétitions. Lors de cette étape, le livre a été relu plusieurs fois, par moi, par les correcteurs (au moins deux fois), et par l’éditrice. J’espère qu’aucune coquille n’a échappé à notre vigilance.

5/ La fabrication. Le livre est actuellement en cours de fabrication/impression et c’est la dernière étape avant que je puisse le tenir entre mes mains. Je n’ai pas encore la date officielle de publication mais ça ne devrait plus tarder…

Cinq étapes résumées en quelques lignes et qui pourtant ont duré plusieurs semaines, d’aller-retour, de doutes, de discussions… pour être honnête je n’avais pas anticipé qu’il y aurait autant de travail entre la signature du contrat et la publication. Dans les prochaines semaines, je vous parlerai aussi de la communication (j’envisage même de suivre une formation sur ce sujet complexe, qui, cette fois, n’est absolument pas géré par la maison d’édition) et du vaste sujet des droits d’auteur.

Mais avant d’évoquer ces thématiques plus techniques, je reviendrai, la semaine prochaine, sur un aspect de l’histoire de mon roman, en vous partageant quelques passages, qui vous donneront envie, je l’espère, d’acheter le manuscrit.


💛 Dernière lecture

📚 Les heures fragiles - Virginie Grimaldi

“Les heures fragiles” est le dernier roman de l’écrivaine à succès Virginie Grimaldi. Pour être totalement transparente, je suis mi-figue mi-raisin sur ce livre. Les thématiques abordées : la relation mère-fille et la santé mentale m’intéressent énormément, et Virginie Grimaldi a ce don de rendre les histoires particulièrement humaines et pleines d’émotions. Le dialogue mère-fille qui se joue à travers les pages est bien construit et l’alternance donne beaucoup de rythme à une histoire, qui malgré la noirceur des thèmes abordés, reste lumineuse.

Mais j’ai trouvé qu’il y avait justement trop de thèmes variés dans ce livre : le suicide, l’adolescence, la relation de couple, le divorce… ce qui noie un peu le message principal.

C’est un livre qui se lit, par ailleurs, très facilement, on se laisse embarquer dans l’histoire et par des personnages touchants. On passe un bon moment, comme souvent avec les livres de Virginie Grimaldi.


💬 Le mot de la fin

Merci de m’avoir lue jusqu’ici. Si vous avez des questions ou des recommandations n’hésitez pas à m’écrire en répondant à cette newsletter, je vous lirai et vous répondrai avec plaisir.

À bientôt,


Chloé

La première page

Par Chloé Cohen