La rencontre qui a tout fait basculer
J’ai toujours écrit. Et j’ai toujours rêvé d’écrire un livre, plus précisément un roman. Le genre de rêve d’enfant auquel on croit sans y croire pleinement, une idée qu’on laisse dans un coin de la tête et qu’on n’exploite pas vraiment, par manque de temps, par manque de confiance, et par crainte aussi.
Et puis, il suffit parfois d’une rencontre pour remettre au goût du jour ses rêves d’enfant. Laissez-moi vous raconter…
Pendant plus de cinq ans, avec le podcast Nouveau Modèle, j’ai enquêté, écrit, enregistré des témoignages sur les dérives de l’industrie textile et essayé de porter les messages de celles qui s’engagent pour une mode plus responsable. Le journalisme m’a permis de révéler, d’alerter, de faire entendre des voix que l’on n’écoute pas toujours. Ou pas suffisamment.
Et puis, en avril 2021, il y a eu LA rencontre qui est venue chambouler mes croyances, convaincue jusque là que les faits étaient suffisants. Pour celles et ceux qui ont suivi les épisodes de Nouveau Modèle, vous l’avez peut-être déjà écouté, il s’agit de ma discussion avec l’actrice engagée Lucie Lucas. Lucie m’a reçue dans sa ferme en Bretagne, on a passé près d’une journée ensemble à discuter, à parler d’engagement, à visiter son jardin, son potager. Un moment suspendu. Et puis, au cours de cet échange passionnant, Lucie m’a dit cette phrase : “j’utilise la fiction pour faire passer des messages engagés”. Je ne sais pas pourquoi mais ses mots ont résonné et c’était peut-être l’impulsion qui me manquait. Car si j’ai toujours rêvé d’écrire un livre — j’avais commencé des petits bouts par ci par là sans être pleinement convaincue — je n’avais pas encore trouvé L’histoire. Jusqu’à ce jour là donc. J’ai ainsi compris que la fiction pouvait être un merveilleux support pour transmettre autrement.
Alors je n’ai pas débuté le livre immédiatement. Loin de là. Comme je l’écrivais un peu plus haut, j’ai rencontré Lucie en avril 2021. Et j’ai commencé à poser les premiers mots de ce roman à la fin de l’année 2023. Pourquoi ai-je attendu deux ans ? C’est le temps qu’il m’a fallu pour oser me lancer. Ça sera le sujet de la prochaine newsletter.
Malgré mon métier de journaliste, je n’avais aucune confiance en mes capacités d’écriture. J’écris certes tous les jours mais j’ai appris à le faire sans émotion, en énonçant des faits, de façon objective (ou presque). Et puis mon écriture a été critiquée, scrutée, analysée par mes différents rédacs chef·fes, alors quand j’ai décidé de me lancer dans l’écriture de ce roman, j’ai d’abord souhaité (ré)apprendre à écrire de la fiction. Je suis tombée par hasard sur l’école d’écriture Les Mots, avec ses formations à Paris et à distance, et c’était exactement ce dont j’avais besoin pour prendre confiance en moi. J’en parle ici car cette école a joué un très grand rôle dans la publication de mon premier roman, j’y reviendrai plus longuement dans de prochains numéros de la newsletter. D’ici là, n’hésitez pas à jeter un oeil à cette école, si l’écriture, l’édition, la littérature vous intéressent.
📚 "Les vivants" – Ambre Chalumeau

Ce livre mêle comédie et drame, avec des jeux de mots et des phrases bien écrites pour raconter l’indicible, la mort, la perte d’un proche et tout ce que cela vient chambouler. C’est l’histoire du passage à l’âge adulte, d’amitié, d’émotions contradictoires. “Et aussi simplement que ça, une nuit comme les autres devient un Début”. Ce premier roman vaut le détour.
Merci de m’avoir lue jusqu’ici. Si vous avez des questions ou des recommandations n’hésitez pas à m’écrire en répondant à cette newsletter, je vous lirai et vous répondrai avec plaisir.
À bientôt,
Chloé